LA SCIENCE PEUT-ELLE EXPLIQUER DIEU?

Depuis début 2005, un scientifique américain suscite la polémique, et la colère de nombreux courants religieux : il prétend que c’est le patrimoine génétique qui détermine notre capacité à avoir (ou non) foi en Dieu, et tout particulièrement le mystérieux gène surnommé « VMTA2 ». Par ailleurs, des neurologues étudient activement le « Point de Dieu », une zone de notre cerveau soupçonné d’être « le siège de la religiosité », en un mot le gêne de Dieu, une interface directe et quasi paranormal pour communiquer avec Dieu. Ou quand la science se penche sur les phénomènes de croyance…

Patrimoine

Une spiritualité… chimique ?

Si le débat n’a pas pris encore pris en Europe, les conversations sur la religiosité en fonction du patrimoine génétique fait rage aux Etats-Unis, surtout depuis la sortie du livre en septembre 2004 du généticien Dean Hammer : « The God Gene, how faith is hardwired into our genes », ou le « Gène de Dieu, comment la foi est programmée dans nos gènes ». Preuve de l’importance du sujet développé par ce chercheur spécialiste de la polémique (il avait déjà proclamé en 1993 avoir identifié le gène responsable de l’homosexualité masculine), Time Magazine lui a consacré sa couverture le 25 octobre ainsi que le 29 novembre, et le Washington Post une page entière le 13 novembre. 


Une spiritualité… chimique ?
Dean Hammer est catégorique : la Foi de l’Homme se réduirait à une caractéristique présente sur un simple gène, identifié sous l’appellation VMAT2. « La capacité à ressentir une forme de transcendance personnelle apparaît directement en rapport avec un seul changement sur une seule base au milieu de ce gène » confirme le biologiste moléculaire, qui a fait cette découverte en comparant le patrimoine génétique de personnes  pieuses avec d’autres n’ayant aucun attrait pour le phénomène de religiosité. Les individus les plus « spirituels » présentaient selon Dean Hammer la même variation sur le gène VMAT2. En résumé, les êtres humains disposant de cet agencement génétique particulier seraient prédisposés à croire ; Jésus-Christ, Allah, Bouddha, le choix de la religion ne serait ensuite qu’une question d’environnement culturel. La théorie du chercheur américain ramène le phénomène de croyance en Dieu à un simple processus chimique, la notion d’âme n’ayant en réalité aucune influence sur notre religiosité. Une forme de « comportementalisme génétique » ; ce sont les gènes impliqués qui prédétermineraient la plupart des caractéristiques d’un individu : ses préférences sociales, alimentaires, sexuelles… et sa foi !


L’athéisme : une « tare » génétique ?

 

Réincarnation génétique chez les bouddhistes
La « découverte » du biologiste moléculaire Dean Hammer reste évidemment à être confirmée. Pour le moment, elle ne fait pas l’unanimité, aussi bien chez les scientifiques que chez les croyants. Les grands courants religieux refusent bien entendu l’idée d’une « religiosité génétique » ; pour ces mouvements, le processus de foi en Dieu et notre relation au divin relèvent d’un ensemble d’interactions infiniment plus complexes que la seule activation d’un gène ! Seule la religion bouddhiste semble prendre en considération la part génétique liée à la spiritualité de l’Homme ; Robert Thurman, un spécialiste du bouddhisme à l’Université de Colombia (New-York), résumait ainsi sa pensée : « Il existe ‘un gène’ spécifique qui définit notre profil spirituel, et qui provient non de nos parents, mais de notre incarnation précédente ». Un gène serait donc transmis à chaque réincarnation, prédisposant l’individu à accéder à une forme de spiritualité.

L’athéisme : une « tare » génétique ?
Les travaux de Dean Hammer ont en outre provoqué d’autres réactions imprévisibles chez certains penseurs américains. Si le gène VMAT2 s’avérait essentiel dans le phénomène de croyance chez les hommes, des intellectuels estiment d’ores et déjà que l’on pourrait qualifier l’athéisme « d’handicap génétique » ! Les athées, c’est-à-dire les personnes ne possédant pas l’agencement génétique nécessaire pour avoir foi en Dieu, seraient en quelque sorte « inaptes » à ressentir le phénomène de spiritualité, et présenteraient donc une forme «d’handicap cérébral ». Le Réseau Voltaire n’a pas tardé à illustrer sur son site Internet les premières dérives liées à cette théorie de « comportementaliste génétique », qu’il faut pourtant aborder avec la plus grande réserve. Fin 2004 aux Etats-Unis, lors d’un débat sur la mention de Dieu dans le serment d’allégeance, certaines déclarations d’intellectuels et de responsables politiques faisaient froid dans le dos. En effet, si les travaux du généticien Dean Hammer venaient à être validés, certains envisagent déjà d’interdire de vote les américains ne croyant pas en Dieu, car « un athée ne peut-être pleinement citoyen des Etats-Unis » ! On imagine déjà les tests génétiques indiquant si vous disposez bien du gène VMAT2. Dans le cas contraire, vous deviendriez un paria et perdriez tous vos droits… Mais la route risque d’être longue pour  Dean Hammer avant de pouvoir imposer scientifiquement sa vision de la croyance… génétique.

 

Si le débat n’a pas pris encore pris en Europe, les conversations sur la religiosité en fonction du patrimoine génétique fait rage aux Etats-Unis, surtout depuis la sortie du livre en septembre 2004 du généticien Dean Hammer : « The God Gene, how faith is hardwired into our genes », ou le « Gène de Dieu, comment la foi est programmée dans nos gènes ». Preuve de l’importance du sujet développé par ce chercheur spécialiste de la polémique (il avait déjà proclamé en 1993 avoir identifié le gène responsable de l’homosexualité masculine), Time Magazine lui a consacré sa couverture le 25 octobre ainsi que le 29 novembre, et le Washington Post une page entière le 13 novembre.


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