L'ENIGME DES TRACES DE NAZCA

En 1927, un pilote d’avion découvre par le plus grand des hasards les incroyables lignes de Nazca, qui sillonnent en d’étranges motifs sur plus de 500 kilomètres carrés dans la pampa péruvienne. Composés de dessins et de figures géométriques destinés à être vu du ciel, les tracés de Nazca constituent l’une des plus incroyables énigmes archéologiques de l’histoire des hommes. Présence extraterrestre, avancée technologique d'une ancienne civilisation, la question demeure. A quoi pouvaient bien servir ces milliers de repères, patiemment gravés dans le sol par une civilisation dite ‘primitive’ ? Investigation dans un monde inconnu

Nazca

« Les lignes et dessins de Nazca représenteraient le mouvement des étoiles et l’emplacement des constellations : le plus grand livre d’astronomie du monde ! »
« La ‘théorie des anciens Astronautes’ suggère que les tracés de Nazca servaient de pistes d’atterrissage pour les vaisseaux de peuples évolués venus de l’espace. Les dessins seraient des messages codés qui leur sont directement destinés »

Dans la communauté scientifique, les tracés de Nazca sont souvent considérés comme « l’une des énigmes les plus embarrassantes de l’archéologie ». Il faut dire que la multitude de motifs patiemment mis en place par une civilisation pré-incaïque il y a plus de 1500 ans à de quoi laisser songeur : uniquement visibles vu du ciel, les dessins regroupent un formidable bestiaire : araignée, condor, serpent, singe, oiseau-mouche, baleine, colibri, lama, perroquet… D’autres géoglyphes représentent des spirales, tandis que des lignes droites se croisent et s’étendent sur des kilomètres comme de gigantesques pistes d’atterrissage ! La signification réelle des tracés de Nazca a suscité de nombreuses hypothèses ; le Monde de l’Inconnu fait le point dans cet article.

Un calendrier astronomique ?
Les premières investigations sur le site seront menées en 1939 par le professeur américain Paul Kosok, venu sur place avec une équipe de chercheurs : le scientifique relève toutes les figures géométriques de Nazca, non sans difficulté, tant elles sont nombreuses et mêlées (plus de 300 motifs sont recensés). Le 22 juin 1940, jour du solstice d'hiver dans l'hémisphère sud, Paul Kosok voit les derniers rayons du soleil s’effacer dans le prolongement d’une des lignes de Nazca ; il en déduit que les tracés pourraient représenter un gigantesque calendrier astronomique, qui indiquerait les solstices et équinoxes. Convaincu d’avoir résolu l’énigme, il parle alors des tracés de Nazca comme « du plus grand livre d'astronomie du monde ». D’autres chercheurs reprennent à leur compte cette hypothèse et vont même encore plus loin, en affirmant que les dessins représentent des constellations ! Ainsi, le dessin de l’araignée géante, qui s’étend sur 46 mètres environ, symboliserait la constellation du Baudrier d’Orion… C’est notamment l’opinion de Maria Reiche, qui prend la relève du professeur Kosok en 1948. Cette archéologue et mathématicienne est immédiatement fascinée par les dessins géométriques de Nazca, et elle passera le restant de sa vie à travailler sur le site pour tenter de résoudre l’énigme. Son hypothèse est la suivante : les lignes et dessins de Nazca représenteraient le mouvement des étoiles, apportant aux anciens péruviens une aide précieuse pour le développement de l'agriculture dans une zone aussi aride et hostile. Elle évoque les lignes péruviennes comme « le plus fantastique calendrier de l'Antiquité ». Une théorie contestée en 1968 par l'astrophysicien américain Gerald Hawkins, d'après les recherches qu'il réalisa en se basant sur des calculs informatiques. En reconstituant la carte du ciel telle qu'elle était à l'époque des Nazca, il démontre que 80% des géoglyphes n'ont aucune relation avec les constellations importantes.


Un site de rituels et de cérémonies ?
La théorie du site rituel est intéressante, car il est pertinent de remarquer que les motifs animaux identifiés dans la pampa péruvienne sont les mêmes que ceux qu'on trouve dans le panthéon nazca, par exemple sur les nombreuses céramiques réalisées à l’époque. Pour certains chercheurs comme Michael Coe, le site de Nazca était donc sacré et servait de lieu processionnaire pour le peuple : les hommes suivaient les lignes des dessins en file indienne, probablement en dansant, effectuant ainsi une sorte de parcours initiatique et symbolique pour obtenir la bénédiction des Dieux. Les figures dessinées dans le sol de Nazca ont également été associées au chamanisme : en effet, certaines drogues hallucinogènes utilisées par les chamans sont réputées pour donner le pouvoir de laisser son esprit voler librement dans les airs… et c’est pour cela que les géoglyphes auraient été crées pour être uniquement vus du ciel ! En s’accordant avec cette théorie, le site de Nazca aurait donc été un endroit sacré où se déroulaient des cultes religieux, un endroit probablement considéré comme disposant d’une aura magique très puissante par la civilisation de l’époque. Mais aucune preuve irréfutable n’a pu confirmer cette hypothèse.

Une piste d’atterrissage pour des Dieux ou pour des OVNI ?

Nazca3

 

Tony Morrison, un zoologiste qui a étudié les lignes avec Gérald Hawkins, conclut son livre ‘Pathways to the Gods’ par une citation écrite en 1586 par Luis de Monzon, un magistrat espagnol : « Les vieux Indiens disent que d’après ce qu’ils savent de leurs ancêtres, dans des temps très anciens, avant que les Incas ne règnent sur eux, un autre peuple était venu qu’on appelait les Viracochas. Ils n’étaient pas nombreux et furent suivis par des Indiens qui avaient écouté leur parole.
Ils disent aujourd’hui que ce devait être de simples personnes. Et c’est pour eux qu’ils ont construit les pistes qu’on peut voir aujourd’hui ». Une allusion au légendaire Viracocha - aussi appelé Quetzalcoatl - dont les Indiens espéraient le retour quand l’Espagne de Cortès débarqua. Ce peuple a probablement tracé ces gigantesques motifs dans l’espoir de voir revenir le Dieu Viracocha par la voie des airs, les dessins et les lignes étant censés servir de balise. Pour Johan Reinhard, qui a identifié de nombreuses lignes conduisant à des sanctuaires religieux, à des sources d'eau ou à des montagnes, les tracés de Nazca s’adresseraient plutôt à plusieurs Dieux locaux : les géoglyphes seraient ainsi directement adressés aux ‘Dieux des Montagnes’ que la population vénérait. Des Dieux qui avaient emprise sur le climat et donc sur l'eau à fournir pour assurer la fertilité des récoltes et du cheptel… Enfin, une autre hypothèse, connue sous la ‘théorie des anciens Astronautes’, a été lancée par Erik von Daniken : elle suggère que les immenses tracés de Nazca servaient de pistes d’atterrissage pour les vaisseaux de peuples évolués venus de l’espace. Les dessins seraient des messages codés qui leur sont directement destinés…


Les tracés de Nazca avaient-ils une vocation astronomique, chamanique, religieuse, ésotérique ? Avaient-ils seulement une dimension symbolique, ou bien ont-ils servi dans un temps reculé à accueillir des Dieux ou des entités venues de l’espace comme le suggère plusieurs légendes anciennes d’Amérique du Sud ? On ne saura probablement jamais à quoi servaient ses fabuleux signes, mais personne ne peut nier qu'il s'agit d'un véritable trésor archéologique nous rappelant que cette civilisation était bien plus avancée qu'on pouvait le croire. D'ailleurs depuis 1994, l'Unesco a rajouté le site de Nazca à la liste du patrimoine mondial de l'humanité…

 

 
 

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